„Ma vie avec Mozart” par Éric-Emmanuel Schmitt

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untitledCher Monsieur Éric-Emmanuel Schmitt,

Je suis ravie de découvrir notre passion commune pour Mozart et, encore plus, nos „affinités électives” parmi ses créations musicales. C’est grâce à la version roumaine de votre livre, „Viaţa mea cu Mozart”, paru à l’Édition Humanitas, Bucarest, 2007, que je vous ai rencontré.

Premièrement, je devrais me présenter: je suis professeur d’histoire de la musique. Alors, je pense avoir une certaine expérience au sujet de vos lettres à Mozart et aussi sur les jeunes lecteurs.

Je pense que c’est une idée très naturelle de partager vos expériences de mélomane par des lettres, car c’est dans le style du XVIIIe siècle. Mozart, lui- même, aimait exprimer ses sentiments par ce moyen. Pour vos lecteurs d’aujourd’hui, il est bien accessible, parce que les lettres ne nous fatiguent pas. Surtout les lettres d’amour!… Pour garder les proportions, j’aurais à vous avouer, moi aussi, par une lettre seulement ce qui me plaît le plus et ce qui ne me plaît pas du tout, moi aussi, par une lettre.

Je sens et j’aime beaucoup votre sincérité. J’apprécie davantage (voilà nos „affinités électives”, avec la terminologie de Goethe) votre lettre sur l’aria de soprano Et incarnatus est de la Messe K 427 (417 a). Nous avons découvert la même chose dans cette musique: la beauté d’une femme enceinte et le temps interminable d’une telle attente. Savez-vous la continuation tragique de cette histoire? Mozart a amené sa femme à Salzburg pour la présenter à son père; les jeunes parents ont laissé leur nouveau-né à Vienne, avec une nourrice. Wolfgang et son épouse ont fait la présentation publique des fragments prêts de cette messe à Salzburg, mais le bébé mourut jusqu’à leur rentrée… On peut penser que ce trauma a déterminé Mozart à ne pas achever sa messe… Les psychanalystes pourraient interpréter davantage. Moi, j’ai éprouvé la mort de mon petit fils et j’aime  adoucir l’attente indéterminée d’une nouvelle vie avec cette musique céleste. Vous êtes sensible et capable de nous nous rendre sensibles nous aussi.

Qu’est-ce que je n’aime guère? C’est la scène du préconisé suicide… Vraiment, j’ai peur de recommander votre livre à mes étudiants à cause de cette description. Vous allez me dire que les adolescents ont vu assez de telles scènes dans les films? Peut-être. Mais je voudrais bien que vous, l’écrivain amoureux, comme moi, de Mozart, ne soyez pas naturaliste, mais classique (pour qui ne comprend pas, il faut rappeler que chez les anciens Grecs, les crimes se passaient dans les coulisses). Quant au fait que vous vous moquez de l’interprétation historique, je préfère l’oublier (p. 118-9).

Je vous admire encore pour votre connaissance de l’âme féminine. La souffrance de la Comtesse abandonnée des „Noces de Figaro”, la désorientation adolescentine de Barbarina, du même opéra, la consolation amicale de Pamina par Papageno, dans „La Flûte enchantée”… – vos paroles sont capables de faire découvrir les subtilités de la musique de Mozart.

Merci d’affirmer „l’absolu de la beauté” (p. 132). Je vous assure que c’est un livre qui me donne le plaisir de le relire – en découvrant chaque fois, d’autres nuances…

Fidèle à Mozart, fidèle à Vous, Monsieur Schmitt,

Elena Maria Şorban 

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